Bericht aus Marokko vom 7.10. am Zaun von Ceuta!

 Übersetzung des unten stehenden französischen Berichts aus Marokko:
Mobilisierung zur Würdigung der Opfer von Ceuta und Melilla

am 7.Oktober 2006 in Marokko

 

Auf einen Aufruf zur Mobilisierung für den 7. Oktober, haben sich mindestens 14 Vereinigungen und Kollektive (1) und 11 Presseorgane (2), begleitet von der lokalen Bevölkerung und stark eingerahmt von drei Einheiten der Polizei und der Gendarmerie, an dem Ort eingefunden, wo im letzten Jahr mindestens 5 Personen ihr Leben verloren haben, dafür dass sie versucht haben, eine Grenze zu überwinden. Mit großer Bewegtheit haben die TeilnehmerInnen ihnen ihre Würdigung erwiesen, um die europäische Sicherheitspolitik anzuprangern und zumindest zu zeigen, dass die anonymen Opfer der Festung Europa nicht vergeblich gestorben sind.

 

Ungefähr 150 Personen haben sich am Samstag, den 7. Oktober um 15 Uhr vor dem Zaun von Ceuta versammelt, um einen Akt des Erinnerns zu organisieren, in Würdigung der Opfer, die im letzten Jahr an der spanisch-marokkanischen Grenze gestorben sind.

Um 13 Uhr, nach einer Versammlung am Ortsausgang von Tétouan, begab sich ein Konvoi von etwa 20 Autos und 2 Kleinbussen mit Transparenten und Blumen vor den Zaun von Ceuta, um die Welt an das Schicksal dieser Menschen zu erinnern, die gestorben sind dafür, dass sie eine bessere Welt erreichen wollten, und zu fordern, dass ihnen Gerechtigkeit erwiesen werde.

Die marokkanische Armee hat dem Zug den Zugang zum genauen Ort verweigert, wo das Blutbad des letzten Jahres stattfand, und einige Dutzend Meter entfernt fand dann die Würdigung statt, im Herzen der militarisierten Zone.

Bei dieser Gelegenheit konnten die DemonstrantInnen die Veränderung der Landschaft feststellen (Bau von zusätzlichen Überwachungsposten und neuer Gräben) und eine verstärkte Präsenz des marokkanischen Militärs im Dienst der Festung Europa, um eine der Grenzen zu schützen, die am meisten die Ungleichheit zeigt auf der Welt (Differenz der Bruttosozialprodukte und des Lebensniveaus zwischen dem europäischen und afrikanischen Kontinent).

Dieses extreme Sicherheitsaufgebot hat trotzdem die AktivistInnen nicht entmutigt, die, einige Schritte von den Militärposten entfernt, zu Füßen mit Maschinengewehren bewaffneter Soldaten und einige Meter vom Zaun entfernt, an den ersten Jahrestag der tragischen Ereignisse im letzten Jahr erinnert haben in folgender Form: nach einer Schweigeminute, in ihrem Gedächtnis, aber auch im Gedächtnis aller Toten sowohl am Zaun als auch in den Wassern des Atlantiks und des Mittelmeers, sind 5 Körper ausgebreitet worden auf dem Boden und mit Tüchern zugedeckt worden, um die 5 anonymen Opfer zu symbolisieren, und die DemonstrantInnen sind einer nach dem andern gekommen und haben eine Blume niedergelegt.

Während dieser bewegenden Inszenierung, wo selbst die Emotionen einiger Militärs spürbar waren, wurden die Forderungen und der Aufruf vorgelesen, gemeinsam von einem Marokkaner, einem Subsahara-Afrikaner und einem Europäer, in einem Geist von Einheit, um gemeinsam schließlich die Sicherheitspolitik Europas anzuprangern und die Respektierung der Grundrechte der MigrantInnen zu fordern, ob sie Asylsuchende oder Arbeitssuchende sind.

Die Zeremonie vereinigte einige Repräsentanten der studentischen und migrantischen communities (Guinea, DR Kongo, Elfenbeinküste), trotz der Risiken für ihre Sicherheit, weil ihre physische Integrität jeden Tag bedroht ist in Marokko, wo die Behörden mit Eifer die Arbeit der Kontrolle der Migrationsströme auf Rechnung der EU übernehmen.

Diese Aktion des Erinnerns, zu der der Aufruf vom WSF in Bamako, vom ESF in Athen, vom Forum der Migrationen in Madrid und von der Euro-afrikanischen Konferenz "Migrationen, Grundrechte und Bewegungsfreiheit" in Rabat kam und die übertragen wurde in die ganze Welt, hat die angestrebten Ziele erfüllt, insbesondere dank der Entschlossenheit von Vereinigungen aus dem Norden Marokkos (Shabaka, AMDH, Pateras de la vida, UNEM, Attac), die eine beispielhafte Arbeit geleistet haben, diese AktivistInnen zu mobilisieren und zu vereinigen, vereinigt um dieselbe Sache, denselben Schmerz und dieselbe Hoffnung: den Respekt und die Garantie der Rechte aller.

Das Vorbereitungskomitee

 
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Mobilisation en hommage aux victimes de Ceuta et Melilla le 7 octobre 2006 au Maroc

Suite à l'appel à mobilisation pour la journée du 7 octobre, au moins 14 associations et collectifs [1] et 11 organes de presse [2] se sont rendus, accompagnés de la population locale, et fortement encadrés par 3 corps de police et de gendarmerie, à l'endroit même où au moins 5 personnes ont perdu la vie l'année dernière, pour avoir tenté de franchir une frontière. C'est avec une grande émotion que les participants leur ont rendu hommage, pour dénoncer les politiques sécuritaires européennes et faire en sorte que les victimes anonymes de l'Europe Forteresse ne soient pas mortes en vain.

Environ 150 personnes se sont réunies le samedi 7 octobre à 15h devant les grillages de la frontière de Ceuta pour organiser un acte de commémoration, en hommage aux victimes tombées l'année dernière à la frontière hispano-marocaine.

A 13h, après une assemblée à la sortie de Tétouan, un convoi d' environ 20 voitures et de 2 camionnettes, s'est rendu avec des pancartes et des fleurs, devant les grillages de Ceuta pour rappeler au monde le sort de ces Hommes, morts pour avoir voulu atteindre un monde meilleur, et demander que justice leur soit rendue.

L'armée marocaine a refusé au cortège l'accès à l'endroit précis où s'est déroulée la tuerie de l'année dernière et  c'est à quelques dizaines de mètres que l'hommage s'est déroulé, au cour de la zone militarisée .

A cette occasion, les manifestants ont pu constater le changement du paysage en un an (construction de postes de surveillance supplémentaires et de nouvelles tranchées) et une présence militaire marocaine renforcée au service de la Forteresse Europe pour « protéger » l'une des frontières, les plus inégalitaires au monde (écart de PIB et de niveau de vie entre les continents européen et africain).

Cette sécurité extrême n'a cependant pas découragé les militants qui, à quelques pas des postes militaires, aux pieds de soldats armés de mitraillettes et à quelques mètres des grillages,  ont commémoré ce 1 er anniversaire des évènements tragiques de l'an passé de la façon suivante : après une minute de silence, en leur mémoire, mais aussi en mémoire de tous les morts survenues tant sur les grillages que dans les eaux de l'Atlantique et de la Méditerranée, 5 corps se sont étendus sur le sol et ont été recouverts de draps, pour symboliser les 5 victimes anonymes, et les manifestants, un par un, sont venus y déposer une fleur.

 Lors de cette émouvante mise en scène, où même l'émotion de certain s militaires était palpable, les revendications de l'appel ont été lues conjointement par un marocain, un subsaharien et un européen, dans un esprit unitaire, afin de dénoncer ensemble les politiques sécuritaires de l'Europe et exiger le respect des droits fondamentaux des migrants, qu'ils soient demandeurs d'asile ou  demandeurs d'emploi.

La cérémonie réunissait quelques représentants des  communautés estudiantine et migrante, (Guinée, Congo RDC, Côte d'Ivoire), malgré les risques encourus pour leur sécurité, car  leur intégrité physique est chaque jour menacée au Maroc, où les autorités effectuent avec zèle le travail de contention des flux migratoires pour le compte de l'Union Européenne.

Cette action de commémoration, dont l'appel avait été lancé lors du Forum Social Mondial de Bamako, le Forum Social Européen d'Athènes, le Forum Mondial des Migrations à Madrid et lors de la conférence Euro-africaine "Migrations, Droits fondamentaux et Liberté de circulation" de Rabat, et qui a été relayée dans le monde entier, a atteint les objectifs fixés, notamment grâce à la détermination des associations du Nord du Maroc (Shabaka, AMDH, Pateras de la vida, l'UNEM, Attac) qui ont fait un travail exemplaire pour mobiliser et réunir ces militants, unis autour d'une même cause, d'une même douleur et d'un même espoir : le respect et la garantie des droits de tous.

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[1] : Union Nationale des Etudiants Marocains (UNEM section tetouan), Shabaka Tánger, Pateras de la vida, AMDH, Attac Maroc, CESAME, Cimade, APDHA, GADEM, Conseil des Migrants Subsahariens au Maroc, Amnesty Maroc (Antenne Jeune), Médecins du Monde, Association des Musulmans de Sebta, Associations españoles de Nador .

[2] : TV2, TVE, Canal Sur, La Vanguardia, Cadena Ser, El periodico, ABC, El País, Chark Al Awssat, Asabah, 2M, Messaâ,.

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Comité de préparation

initiativen: